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Germaine Chaumel était une photographe française 


Germaine Chaumel, née en novembre 1895 à Toulouse morte le 12 avril 1982 à Blagnac, est une photographe, chanteuse, pianiste, modiste et dessinatrice toulousaine, autodidacte en photographie, se forme grâce aux travaux de Man Ray et Brassaï.


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Issu d'une famille d'artiste : son père était passionné de peinture, sa mère était pianiste et son oncle, Antonin Provost, photographe, elle étudie le chant et le piano au lycée Saint-Sernin1. Elle se marie en 1919 avec Pierre Grand avec qui elle a un fils, Bernard, en 1922. Elle divorce l'année suivante et se remarie en 1923 avec Charles Chaumel avec qui elle aura en 1925 une fille, Pâquerette surnommée Paqui2.
Elle héberge un temps chez elle une famille juive d'Anvers, les Nahum, qui fuient ensuite vers les zones occupées par Mussolini3. Charles Chaumel est fait prisonnier au printemps 1940 : elle part alors avec sa famille dans la ville de Verfeil, par peur des bombardements à Toulouse et Blagnac où l'aéroport et les usines d'aviation sont des cibles pour les Alliés. Elle échange des photographies de portrait pour les agriculteurs, qui en ont besoin pour passer les contrôles de police sous l'Occupation, contre des produits agricoles, puis retourne à Toulouse au retour de son mari, en août 1941.
Germaine Chaumel est une photographe de l'Occupation.

Carrière
Elle devient en 1925 artiste lyrique sous le nom de scène d'Anny Morgan, durant laquelle elle est plusieurs fois première chanteuse d'opérette pour le théâtre du Capitole de Toulouse. Elle interprète notamment Manon dans Les Saltimbanques, Marguerite dans Faust, mais aussi dans L'Auberge du Cheval-Blanc, La Fille de madame Angot et Lakmé et passe plusieurs fois à Radio Toulouse4. Elle arrête sa carrière lyrique, ainsi que l'équitation, en 19334. Elle est installée par son mari, dirigeant du Comptoir général d'électricité, de s'occuper d'un magasin de disques rue du Rempart-Saint-Étienne1.
Carte de presse de 1938
Elle rejoint en 1930 le Photo-Club toulousain de la rue des Couteliers pour lequel elle expose dans le cadre d'un salon international en 1935, puis fonde en 1936 le Cercle photographique des XII avec Bascou, Laurentie, Saltel, Maurendy et Barrère afin de se démarquer du photo-club toulousain, qu'elle juge trop conservateur. Elle en est la première secrétaire et y fait entrer Jean Dieuzaide. Elle gagnera plusieurs récompenses mais n'accédera pas à la célébrité. Elle devient ensuite reporter photographe à partir de 1935 pour La Dépêche de Toulouse, de 1936 pour L'Express du Midi (qui devient en 1938 La Garonne) et le New York Times via l'agence photographique Wide World Photo, pendant la guerre pour l'édition toulousaine de Paris-Soir et peu après la Libération de la France, pour L'Espoir, Liberté et Vaincre. Elle a été aussi correspondante pour l'Agence France-Presse, Keystone, Havas, Paris Soir, L'Indépendant, La Petite Gironde et le Bulletin municipal de la Ville de Toulouse5,6. Elle couvre le sport (rugby à XV pour Paris-Soir qui vend les photographies de la première mi-temps du match juste après la rencontre, football, escrime et boxe), les faits divers, les grands évènements (fêtes gallo-romaines en mars 1937 dans les arènes de Vic-Fezensac, grèves, exil des républicains espagnols à Luchon en mars 1938, voyages du Maréchal Pétain et du Général de Gaulle), les cérémonies officielles et la vie quotidienne.
Vivant au premier étage de l'immeuble du 21 rue Saint-Étiennenote 2, elle transforme son appartement en studio photographique : le « Studio Germaine Chaumel », actif dès l'Occupation de la France mais surtout pendant l'après-guerre, accueille à la fois les portraits de la bourgeoisie toulousaine mais aussi des artistes du théâtre du Capitole ainsi que des photographies de mode et de publicité, initiée dans ce domaine par Émile Sougez, photographe à L'Illustration et replié à Toulouse, alors en zone libre.
Elle part s'installer à Paris vers 1950 où elle abandonne la photographie au profit du dessin de mode et la confection de chapeaux.
Elle retourne à Blagnac en 1965 où elle reste jusqu’à sa mort le 12 avril 1982.

Style photographique
Autodidacte en photographie, elle se forme grâce aux travaux de Man Ray et Brassaï. Elle commence la photographie armée seulement « de deux projecteurs, d'un appareil photo, d'abord un petit Kodak puis un Gilles Faller, d'un objectif, peut-être deux, d'un châssis de bois et d'une plaque de verre »7 puis travaille avec un Rolleiflex5 et s'occupe elle-même du tirage photographique7. Son style photographique est représentatif de son époque et notamment de la nouvelle vision photographique et de la photographie humaniste; la maîtrise de la composition, de la lumière (plus particulièrement des golden hours (en)7) et des contrastes dans son œuvre est un héritage de sa formation en peinture et graphisme5. Elle est parfois comparée à Lee Miller, autre femme photographe ayant couvert la Seconde Guerre mondiale, mais à la bien plus grande notoriété8. Bien que surtout connue par les historiens de la Seconde Guerre mondiale pour son travail pendant l'Occupation et la Libération, son appartenance à la photographie humaniste l'empêche de photographier la souffrance ou la mort5. Elle témoigne aussi d'une sensibilité particulière aux artistes (elle rencontre notamment Maurice Chevalier et Joséphine Baker) et aux classes modestes : monde du cirque, forains, bohémiens, grévistes, réfugiés espagnols5. Le respect du au sujet, principe de la photographie humaniste, est renforcé par l'usage du Rolleiflex qui oblige à l'usage une position ressemblant à un état de soumission et de disponibilité8.



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