Photos anciennes d'autrefois, des photographies d'époque en noir et blanc.
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Robert Capa, né Endre Erno Friedmann était un photographe de guerre hongrois 


Robert Capa, ne Endre Erno Friedmann en octobre 1913 a Budapest et mort en mai 1954 en Indochine, photographe de guerre hongrois, naturalise américain.


1 - Voir



Il a couvert les plus grands conflits de son époque et est l'un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, première de ce genre à voir le jour.
Il naît dans une famille juive hongroise aisée et non pratiquante ; ses parents Pédro et Sophie Friedmann1 sont propriétaires d'une maison de couture à Pest2.

À l’âge de dix-sept ans, il est arrêté pour avoir participé aux activités politiques d’étudiants de gauche. Le régime politique autoritaire de l’amiral Horthy le libère à la condition de quitter sa contrée natale. Il part en juillet 1931 pour Berlin. Il a alors pour maître à penser l'écrivain Lajos Kassák et se donne pour objectif de faire carrière dans le journalisme. Grâce à son amie d’enfance exilée Eva Besnyö, il trouve un premier travail comme apprenti développeur dans une agence photographique berlinoise. Parallèlement, il suit des études de sciences politiques à la Deutsche Hochschule für Politik (en)2.

Il fait la connaissance de Simon Gutman, fondateur de l’agence photos Dephot (Deutscher Photodienst), qui lui donne l’occasion de couvrir son premier sujet, Léon Trotski. Il part en novembre 1932 pour Copenhague afin de photographier le responsable communiste, alors pourchassé par des assassins aux ordres de Staline3.

Juif, il quitte en 1933 l’Allemagne lorsqu'Adolf Hitler accède au pouvoir, gagne Vienne mais le chancelier chrétien-social Engelbert Dollfuss y établit une dictature cléricalo-fasciste, aussi émigre-t-il finalement à Paris à l’automne 1934. Il rencontre dans les cafés de Montparnasse Henri Cartier-Bresson et d'autres Juifs émigrés, tels que « Chim » (David Seymour) et André Kertész. Il décide de franciser son prénom et se fait désormais appeler « André Friedmann ». Épais sourcils, yeux et cheveux noirs, lèvres charnues, son charme est immense3.

Au café A Capoulade dans le quartier latin, il fait en septembre 1934 la connaissance de Gerda Taro, une étudiante allemande antifasciste d'origine polonaise, qui d’assistante, devient photographe. Elle devient sa maîtresse en 19354. Il fréquente l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires où elle est inscrite, comme ses principaux amis ou collègues photographes5.

En 1936, Gerda échafaude un subterfuge en forgeant la légende d’un photographe américain. Ses photos se vendant très mal, elle lui fait prendre un pseudonyme : « Robert Capa », qui sonne plus américain et est plus facile à prononcer6. Il invente tout un personnage autour de ce pseudonyme. Capa est américain, Capa est chic, Capa est riche, Capa est mondain2.

Plusieurs versions ont été données sur l'origine de ce pseudonyme. Selon André, le prénom aurait été choisi en référence à l'acteur américain en vogue Robert Taylor et le nom « Capa » choisi pour sa ressemblance avec celui du réalisateur américain Frank Capra7. Mais cápa signifie aussi « requin » en hongrois, et ce surnom semble avoir été donné au jeune Friedmann8.

La même année, il participe à la création de l’agence Alliance-Photo aux côtés de Pierre Boucher et de Maria Eisner. Il immortalise notamment le Front populaire par sa photo du 14 juillet 19369.
La guerre d’Espagne

En août 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la Guerre civile espagnole aux côtés de troupes républicaines, pour les magazines Vu de Lucien Vogel et Regard3.

En Espagne, il devient un fervent antifasciste mais sa seule arme reste son appareil photo. Il va même jusqu’à monter certaines photos de toutes pièces, notamment une improbable victoire des forces républicaines10.
Capa faussaire ?

C'est pendant ce séjour en Espagne qu'il prend la photographie qui lui vaudra sa grande renommée et qui sera à l’origine du mythe Capa. Intitulée Mort d'un soldat républicain, elle représente un soldat des forces républicaines, en chemise blanche, s’effondrant après avoir été touché par une balle11. Cette photo symbolise la guerre d’Espagne et reste gravée dans la mémoire collective. Néanmoins, une polémique sur l’authenticité de la photo naît à partir de 1970. Une enquête a toutefois permis de découvrir l’identité du soldat : le militant anarchiste Federico Borrell Garcia qui a bien été tué le 5 septembre 1936, le jour où Capa a pris la photo12 ; la polémique s'arrête un temps mais elle reprend quelques décennies plus tard quand le journal catalan El Periodico13 affirme en juillet 2009, clichés comparatifs à l’appui, que la photo n’a pas été prise près de Cerro Muriano, mais près de la localité d’Espejo à cinquante kilomètres, endroit où il n’y avait pas de combats à la date de la prise de vue14. Un argument supplémentaire à l'appui de la thèse de la fraude vient du fait que Capa a pris deux photos de soldats républicains différents à cet endroit (une des deux photos étant devenue plus célèbre que l'autre)15 : aux yeux de certains16, la chute de deux soldats exactement au même point devant un appareil se trouvant dans la même position constituerait un hasard difficilement crédible14.
La mort de Gerda Taro

Alors que Robert Capa est de retour à Paris, Gerda Taro est écrasée accidentellement par un char républicain en Espagne lors des combats de la bataille de Brunete. Elle meurt le 26 juin 193717 et, jusqu’à la fin de sa vie, Capa aimera à dire que Gerda et lui étaient unis par le mariage.
La Seconde Guerre sino-japonaise

En 1938, il est envoyé par le magazine Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945). Avec le documentariste néerlandais Joris Ivens, il couvre notamment les raids aériens japonais contre Hankou et la bataille de Taierzhuang2.

Il prend une photo qui fait la couverture de Life, celle d’un enfant chinois, habillé en militaire. Life apposa alors la légende : Un défenseur de la Chine18. Le 3 décembre 1938, la revue de photographie anglaise Picture Post le proclame « le plus grand photographe de guerre du monde »2.
La Seconde Guerre mondiale

Confronté aux lois françaises contre les «  étrangers indésirables  », il quitte Paris en octobre 1939 et émigre à New York où il rejoint sa mère et son frère, Cornell.
L'Afrique du Nord et la Sicile

À New York, il est chargé par le magazine Colliers de couvrir le front d’Afrique du Nord en 1942. Il continue ensuite en Sicile, afin de suivre le débarquement des troupes alliées, pour le magazine Life. Ses photos sont empreintes de souffrance et montrent le courage de la population sicilienne dans le conflit. En accompagnant les soldats américains, il prend des clichés partout, même dans les plus petits villages. En effet, la photo symbole du débarquement en Sicile, où l'on voit un soldat américain accroupi et un berger sicilien qui lui indique la route, a été prise près de Sperlinga19.

En février 1943, il rencontre à Londres l'actrice de cinéma britannique Elaine Justin, alors mariée à l'acteur John Justin et avec qui il a une relation à laquelle elle mettra fin après la guerre en se remariant en 1945 avec un ami d'enfance.
Le débarquement de Normandie

Le 6 juin 1944, toujours pour Life, il est le seul photographe présent lors du débarquement allié en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach, dans le secteur désigné « Easy Red » face à Colleville-sur-Mer. Pendant une heure trente20, sous les obus et entre les balles, il photographie la guerre au plus près, avec ses deux Contax 24x36 et un Rolleiflex 6x621. Aux côtés des soldats, il prend cent dix neuf photos. Cependant, un laborantin de Life, pressé par le temps (les photos sont arrivées juste avant le bouclage), ferme dans sa hâte la porte de l’appareil de séchage. L’émulsion des pellicules fond. Finalement, il ne reste que onze photos à peu près acceptables, mais plutôt floues. Cette série de photographies est connue sous le titre de Magnificent Eleven.

Cette version est cependant remise en cause en 2014-201522,20 par le critique new-yorkais A. D. Coleman (en) et le rédacteur en chef de Life John G. Morris23,22,20 qui relèvent plusieurs incohérences. Selon eux, les onze photos connues aujourd'hui sont les seules que Capa ait prises durant le débarquement et l'histoire du laborantin maladroit est une invention destinée à construire la légende d'un Capa héroïque auteur d'une centaine de clichés durant les six heures de la bataille24,22, alors qu'il n'y serait resté qu'entre trente minutes et une heure et demi20.

L’une des photos les plus marquantes prises par Capa, le jour J, est celle d’un soldat allié qui, à peine sorti de sa barge de débarquement, tente par tous les moyens de rester hors de l’eau alors que le poids de son arme le gêne, à moins, ce qui est plus plausible, que le GI n'ait choisi de rester au ras de l'eau pour s'exposer le moins possible aux tirs ennemis, la plage d'Omaha, la plus meurtrière du jour J, ayant ensuite été surnommée « Omaha la sanglante » (« Bloody Omaha »). La photo, assez floue pour les raisons évoquées précédemment, mais bien cadrée, est légendée par Life, Slightly out of focus, (« Un peu floue »), titre que Capa reprendra en 1947 pour son autobiographie.
La libération de Chartres

À la Libération, Capa prend des clichés de femmes tondues à Chartres et offre ainsi un témoignage sur l’épuration25.
La libération de Paris

Lors de la Libération de Paris, Leclerc avait interdit aux correspondants de guerre de suivre les troupes de la 2e DB. Robert Capa avait pu le faire grâce aux hommes de La Nueve, 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, composée en majorité d'espagnols anti-franquistes intégrés aux troupes françaises qui le prennent sur un de leurs halftracks M3A1 baptisé Teruel du nom de la bataille entre les républicains et les nationalistes que Capa — coïncidence extraordinaire — avait couverte pendant la guerre d'Espagne26.
Le franchissement du Rhin
Leipzig
L'après-guerre

Après cette guerre, il a une liaison de deux années avec Ingrid Bergman, ce qui fut connu des années plus tard lorsqu’elle publia son autobiographie. En décembre 1945, il la suit à Hollywood, où il travaille comme photographe de mode et photographe de plateau pour l'American International Pictures, notamment pour le film d’Alfred Hitchcock Les Enchaînés, le cinéaste britannique s'inspirant de l’idylle du couple pour écrire le scénario de Fenêtre sur cour. Leur relation prend fin à l'été 1946, Capa dans son refus de se fixer (il n'aura jamais de maison et vivra toujours à l'hôtel) s'étant rendu en Turquie3.
Magnum

En 1947, il fonde avec David Seymour, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert et George Rodger la coopérative photographique Magnum. Magnum regroupe certainement les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde2.

Capa et ses amis ont décidé de créer une coopérative et non une agence pour permettre aux photographes de garder l’intégralité des droits sur leurs photos, ce qui jusque là n’était pas le cas dans les agences traditionnelles5.

La collection de Magnum comprend une grande variété de sujets comme : la famille, la drogue, la religion, la guerre, la pauvreté, la famine, le crime, le gouvernement et les célébrités[réf. souhaitée].

Il entretient à cette époque une grande amitié avec l’écrivain américain John Steinbeck. Ils partent ensemble en URSS en 1947. De ce voyage naît le livre A Russian Journal, illustré par Capa. À cette époque, il poursuit en parallèle ses activités de photographe de mode.
Israël

En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël. Il développe un lien étroit avec le jeune État, où il se rend à plusieurs reprises entre 1948 et 1950. Les photos prises au cours de ces séjours font l’objet d’un livre, Report on Israel, publié en 1950 (avec un texte d’Irwin Shaw).
La guerre d'Indochine

En 1954, le magazine Life a besoin d’un photographe pour couvrir la guerre d’Indochine. Se trouvant alors au Japon pour une exposition de Magnum, Robert Capa se porte volontaire. Ainsi, c’est aux côtés des troupes françaises qu’il parcourt le Viêt Nam, une partie de l'Indochine française de l'époque.

Le 25 mai 1954, au Tonkin, dans la province de Thái Bình (Nord du Viêt-Nam actuel, où se trouve la capitale Hanoï), voulant prendre une photo d'ensemble d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin où progresse la troupe et met le pied sur une mine antipersonnel. Il est tué sur le coup par l'explosion. À titre posthume, la France lui décerna la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs27,28.
Le style Capa
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Pour qu’une photographie ait le style Capa, il faut qu’elle soit prise au plus près de « l’homme » et de l’action. Il s’intéresse à l’éphémère de la vie, aux instants fragiles de l'existence.

Dans toutes ses photographies, Robert Capa tenta de prendre l’instant où l’homme est face au danger, parfois à la mort, à la vérité. Pour cela il faut que le photographe soit le plus près possible du danger, également. Robert Capa disait même : « Si ta photo n’est pas assez bonne, c’est que tu n’étais pas assez près ». Certaines personnes attribuent cette phrase à Gerda Taro.[réf. souhaitée] C’est pour cette raison que ses plus célèbres photographies sont mal cadrées et bien souvent floues. Il les a prises la plupart du temps debout ou allongé, la stabilisation de la prise étant bien souvent impossible.

Par exemple, il photographie un coureur du Tour de France dans sa chambre de repos avec sa femme et ses enfants ; il photographie aussi le visage ravagé d’une femme espagnole réfugiée. Son regard est celui d’un humaniste, non pas réellement celui d'un artiste. Il est le simple témoin du bonheur et de la douleur des hommes.

Depuis 1955, le Prix Robert Capa Gold Medal (Médaille d’or Robert Capa) est remis par l’Oversea Press Club of America (OPC) pour « le meilleur grand reportage photographique publié ayant requis un courage et une initiative exceptionnels » (Best published photographic reporting from abroad requiring exceptional courage and enterprise).
Anecdotes

Il entretint une longue amitié avec Ernest Hemingway, qui s’est inspiré des photos de Capa pour écrire le livre Pour qui sonne le glas.

Robert Capa a donné son nom à la promotion 2004 de l’Institut d’études politiques de Strasbourg.

En janvier 2008, trois petites boites de négatifs (nommées « la valise mexicaine ») contenant quatre mille cinq cents négatifs de Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour pris pendant la guerre civile espagnole, supposés détruits et dont la présence était soupçonnée à Mexico depuis 1995, ont été remis au Centre international de la Photographie de New York fondé par Cornell Capa (1918-2008), frère de Robert29.



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