Photos anciennes d'autrefois, des photographies d'époque en noir et blanc.
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Sabine Weiss en 1954, née Sabine Weber en 1924 photographe naturalisée française 


Sabine Weiss en 1954, née Sabine Weber en 1924 a Saint-Gingolph, photographe d'origine suisse naturalisée française en 1995.


1 - Voir



Elle fut, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat et Izis, l'une des principales représentantes du courant de la photographie humaniste française.

Son père était ingénieur chimiste et fabriquait des perles artificielles à partir d'écailles de poissons. La famille demeurait à côté du poste frontière, et quitte Saint-Gingolph, alors qu'elle est encore enfant. Attirée très jeune par la photographie, elle dit elle-même : « J'ai pris conscience très jeune que la photographie serait mon moyen d'expression. J'étais plus visuelle qu'intellectuelle… Je n'étais pas très douée pour les études. J'ai quitté le lycée, je suis partie un jour d'été à bicyclette »1 Sabine Weiss commence à photographier en 1932 avec un appareil photo acheté avec son argent de poche. Son père la soutient dans son choix, et elle apprend plus tard la technique photographique, de 1942 à 1946, auprès de Frédéric Boissonnas, photographe de studio à Genève et obtient son diplôme en 1945. Elle monte à Paris en 1946 et devient l'assistante de Willy Maywald: « Quand je suis venue à Paris, j'ai pu travailler chez Maywald à qui un ami m'avait recommandée. J'y ai travaillé dans des conditions inimaginables aujourd'hui, mais avec lui j'ai compris l'importance de la lumière naturelle. La lumière naturelle comme source d'émotion »2. Willy Maywald travaillait à cette époque au premier étage d'une remise du 22 rue Jacob qui appartenait à un antiquaire, il n'y avait ni l'eau ni le téléphone. Elle assiste à l'ouverture de la maison Dior et à la présentation de la première collection au 37 avenue Montaigne En 1949, elle voyage en Italie et rencontre le peintre américain Hugh Weiss, qu'elle épouse le 23 septembre 1950, elle ouvre alors son propre studio. Le couple aura une fille, Marion.

Elle travaille dans des secteurs variés : passionnée de musique, elle fixe les visages de grands noms de la musique (Igor Stravinsky, Benjamin Britten, Pablo Casals, Stan Getz…) mais aussi ceux de la littérature et de l’art (Fernand Léger, Francis Scott Fitzgerald, Pougny, Alberto Giacometti et Annette Giacometti, Robert Rauschenberg, Jan Voss, Jean Dubuffet, Françoise Sagan…), du cinéma Jeanne Moreau, de la mode Coco Chanel. Elle collabore également à plusieurs revues et journaux connus en Amérique et en Europe pour des commandes publicitaires et de presse (Vogue, Paris Match, Life, Time Magazine, Town and Country, Holiday, Newsweek, etc.). Enfin elle parcourt le monde en tant que photojournaliste et en rapporte de nombreux clichés.

À partir de 1950, elle est représentée par l’Agence Rapho, première agence de presse française gérant entre autres le travail de Robert Doisneau. Celui-ci lui propose d'entrer dans l’agence après une rencontre dans le bureau du directeur de Vogue. Elle se lie d’amitié avec des personnalités du milieu artistique comme Jean Cocteau, Maurice Utrillo, Georges Rouault, et Jacques-Henri Lartigue. Avec ce dernier elle partage l’amour de l’humanité et le goût pour les visions intimes de la vie.

En 1957, elle réalise une série de photographie du peintre Kees van Dongen qu'elle découvre avec son mari, et d'un coup de cœur achète un petit cabanon avec vue sur les ruines du château de Grimaud. Ils agrandissent la maison en 1969 et y viennent régulièrement en famille jusqu'à la mort de son mari en 20073. En 1983, elle obtient une bourse du Ministère des Affaires Culturelles françaises et réalise une Étude sur les Coptes d'Egypte. Le même ministère lui délivre en 1992 une autre bourse lui permettant de réaliser une Étude sur la Réunion.

Malgré ses succès et la publication d’une quarantaine d’ouvrages dont 100 photos de Sabine Weiss pour la liberté de la presse par RSF en 2007, Sabine Weiss reste une personnalité discrète et peu connue du grand public. Elle est photographiée par Gilles Dacquin en 20074.

Ses photographies sont maintenant diffusées par l'agence Gamma-Rapho, nouvelle structure créée en 2010 par le photographe François Lochon pour relancer l'activité des anciennes agences (dont Rapho) du groupe Eyedea, en liquidation judiciaire.



Analyse de son œuvre

Son travail personnel est attaché à la vie dans son quotidien, aux émotions et aux gens. Il mêle habilement poésie et observation sociale, c’est pour cette raison que l’on rattache son œuvre au courant de la photographie humaniste : « lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, je voudrais tout incorporer dans cet instant pour que s'exprime avec un minimum de moyen l'essentiel de l'homme. »5. « Mes photos (…) expriment un certain amour que j'ai pour la vie. »5.

Sabine Weiss, comme le photographe Bernard Plossu, récuse le statut d'artiste. Son but est de témoigner plutôt que de créer : « Je témoignais, je pensais qu'une photo forte devait nous raconter une particularité de la condition humaine. J'ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos, les injustices que l'on rencontre »5. « Je n'aime pas les choses très éclatantes mais plutôt la sobriété… il ne s'agit pas d'aimer bien, il faut être ému. L'amour des gens, c'est beau. C'est grave, il y a une profondeur terrible. Il faut dépasser l'anecdote, dégager le calice, le recueillement. Je photographie pour conserver l'éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L'appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent. »5.

La photographe utilise essentiellement le noir et blanc en axant sa recherche sur un cadrage précis, une certaine qualité de lumière, des ambiances. Elle fait de la photographie un art de vivre, en arpentant les rues de Paris, souvent la nuit, pour trouver des sujets variés mais toujours proche de l’homme dans ses moments universels : scènes de rue, solitudes, enfants, croyances, figures humaines dans le brouillard, fugacité d’une émotion. On retrouve dans sa production beaucoup d’enfants, de vieillards, de sourires de stars, tous reliés par une caractéristique commune de spontanéité et simplicité : « J'aime beaucoup ce dialogue constant entre moi, mon appareil et mon sujet, ce qui me différencie de certains autres photographes qui ne cherchent pas ce dialogue et qui préfèrent se distancier de leur sujet. »5.

Robert Doisneau dit à propos des photographies de Weiss : « Les scènes, en apparence inoffensives, ont été inscrites avec une volontaire malice juste à ce moment précis de déséquilibre où ce qui est communément admis se trouve remis en question. »6.

En 1955, Edward Steichen choisit trois de ses photographies pour l'exposition « The Family of Man » au Museum of Modern Art de New York.



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